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CNDDR &CNPBM : QUELLE EFFICACITE POUR RESORBER LA CRISE DU NOSO

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A la crise de développement que vit le Cameroun s’est ajouté les crises sécuritaires dans la partie septentrionale avec le groupe terroriste Boko Haram ainsi que les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en proie aux troubles. Cette crise est particulière car elle touche au vivre ensemble et à l’unité du pays. Pour éviter la généralisation et qu’elles ne génèrent une conflagration sociale, il faut y apporter des réponses à la hauteur des enjeux.

La paix par les institutions

La multiplicité et la complexité des besoins de sociétés dans la recherche de la solution aux crises que traversent le Cameroun, rend inéluctable la mise en place d’un cadre de coordination des stratégies. Le brainstorming du président Biya est en phase avec la vision des internationalistes libéraux pour qui, autant une fonction remplie un rôle dans un ensemble culturel, social ou politique donné, autant une institution doit être élaborée pour répondre à des besoins sociaux spécifiques. La mise en place du Comité National de Désarmement de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR) et la Commission pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM) répond tant aux logiques fonctionnelles par lesquelles les Etats affirment leurs spécificités, et les logiques institutionnelles qui sont l’ensemble des normes et des règles acceptées par une communauté et qui s’imposent à celle-ci.

La Commission pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM) créée par le décret n°2017/013 du 23 Janvier 2017, cet organe consultatif est placé sous l’autorité directe du président de la République est une réponse à la variable identitaire que semblait prendre la crise dans les régions du NOSO.  Elle dispose d’une autonomie financière et sa mission consiste à :

  • Maintenir la paix ;
  • Consolider l’unité du pays ;
  • Renforcer la volonté et la pratique quotidienne du vivre ensemble de ses populations.

Le Comité National de Désarmement de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR)

 La création de celui-ci vise à offrir un cadre d’accueil et de réinsertion sociale aux repentis de boko haram et aux membres des groupes armés des régions du Nord et Sud-ouest, désireux de répondre favorablement à l’offre de paix du président Biya formulée dans son discours d’investiture du 06 Novembre 2018. Le décret n°2018/719 du 30 Novembre 2018 qui intervient 24 jours seulement après la prestation de serment, traduit une volonté politique d’y apporter une réponse claire à travers trois objectifs précis.

Désarmement :

  • Accueillir, prendre en charge et désarmer les ex-combattants ;
  • Collecter, répertorier et stocker les armes et munitions remises volontairement par les ex-combattants ;
  • Prendre toutes les dispositions appropriées à la destruction des armes, munitions et explosifs en Prendre liaison avec les autorités compétentes.

Démobilisation :

  • Mette en place des sites de cantonnement pour les ex-combattants et en assurer la gestion, l’encadrement des ex-combattants ;
  • Apporter une assistance multifonctionnelle aux ex-combattants dans le cadre de leur préparation à un retour à la vie civile.

Réintégration :

  • Prendre les dispositions nécessaires à la déradicalisation des ex-combattants ;
  • Aider les ex-combattants à la réinsertion dans la vie civile à la formation, l’éducation, la mise à disposition d’outils et moyens de production ainsi que l’assistance à la création d’activités génératrices de revenus
  • Mener les actions de sensibilisation et apporter une aide multidimensionnelle aux communautés touchées afin de faciliter la réintégration des ex-combattants.

Ces institutions participent de la dynamique du président Biya de constituer un « Spill over politique » qui permet aux acteurs de la classe politique nationale à se rencontrer fréquemment et à échanger leur point de vue sur les questions qui concernent la vie de la nation. Le CNPBM et le CNDDR en constituent l’architecture appropriée.

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