Home > politique > CAMEROUN :
Spread the love

LES CHEMINS ESCARPES DE LA TRANSITION INTERGENERATIONNELLE

La participation politique des jeunes à la vie politique du Cameroun a connu quelques avancées récemment avec la nomination de certains d’entre eux à des postes clés. Cette représentativité de la jeunesse aux affaires demeure cependant insuffisante pour certains au regard de la situation générale.

Si en Afrique la politique est considérée comme l’apanage des hommes d’expériences, ceux-ci laissent très peu de place à la génération suivante dans la gestion de la chose publique, dans un continent composé à 70% de jeunes. Résultat des courses, le « fer de lance » de la Nation est peu au fait de la façon de gérer au moment où il doit prendre la succession. La quasi-totalité des postes de décision, que ce soit en politique ou dans l’administration publique sont occupés par des personnes âgées. Pourtant, le président de la République lui-même avait évoqué dans son discours à la jeunesse du juin 2021, une « transition générationnelle » à laquelle les jeunes camerounais doivent se préparer. « Mes chers jeunes compatriotes, notre pays vient de parachever la mise en place de ses institutions démocratiques telles que prévues par la Constitution. De nombreux jeunes ont intégré diverses instances parlementaires, municipales et régionales. C’est de cette manière que se prépare la transition générationnelle dans la gestion des affaires publiques. », Précisa-t-il dans son allocution. L’on se demande alors pour quelles raisons cette transition tant attendue piétine. Pour l’enseignant-chercheur Moussa Njoya, « le manque de jeunes aux postes de pouvoirs importants est dû à deux choses : la longévité de ceux qui sont au pouvoir et l’absence d’alternative ». Pour le chercheur comme pour d’autres d’ailleurs, les jeunes ne sont pas « prêts » à prendre la suite.

« C’est à se demander si le président de la République se prépare à la transition générationnelle », s’inquiète Steve Tametong. S’il observe d’abord que « la transition générationnelle est plus en vigueur dans la préfectorale », il nuance par contre en constatant que « à des postes de responsabilités clés de pouvoir, le Président de la République continue encore à travailler avec ceux qui sont de sa génération, ce qui pose un véritable problème »

Un processus progressif

L’intégration des jeunes dans la vie politique de l’Etat ne saurait se faire selon certains au gré de leurs ambitions et revendications, mais sera le résultat d’un processus. Concernant l’employabilité et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, le politologue Moise Tchingakong Yanou estime qu’elles « évoluent au rythme des concours publics et du développement du secteur économique privé ». Au plan politique il souligne qu’elle est « associée de manière effective à la gestion de la chose publique » à travers des nominations « aux postes de responsabilité », précise-t-il dans une interview au quotidien national Cameroun Tribune le 04 novembre dernier.

Une politique Trans générationnelle plutôt qu’une politique des générations

L’une des difficultés lorsqu’on aborde cette question est de faire des jeunes d’hier, les dirigeants de demain sans s’arrêter au fameux conflit des générations qui semblent prévaloir actuellement. Pourtant le jeune d’hier sera le vieux de demain. Ainsi au regard de l’importante place qu’elle occupe dans le vaste projet de développement, Célestin Parfait Bessala dans son ouvrage Quelle jeunesse pour un Cameroun en émergence ? Considère que « la jeunesse du Cameroun doit se conformer à un profil lui permettant de jouer son rôle ». Quel rôle doit jouer la jeunesse ? Accompagner ou observer ? La question demeure.


Leave a Reply